Supporter ou contrôler son enfant? Il y a une différence dans ma façon de parenter pour supporter mes enfants, mais j’avoue que ça peut avoir exactement la même apparence.
La différence ne se trouve pas nécessairement dans ce qu’on fait. Elle se trouve dans pourquoi on le fait. Supporter son enfant, c’est faire quelque chose pour lui. Alors que contrôler son enfant, c’est souvent faire quelque chose pour nous. Ça peut être très subtil, alors voici quelques exemples.
L’heure du dodo, supporter ou contrôler son enfant?
Ton enfant va se coucher à 8h30 tous les soirs. Est-ce que tu le supportes? Ou est-ce que tu le contrôles?
Ça pourrait être les deux.
Peut-être que ton enfant aime avoir une routine. Une de mes filles aime savoir ce qui s’en vient et l’autre non. Donc, elle aime se coucher à la même heure. Elle se sent bien lorsqu’elle sait qu’à 8h00 on commence la routine, qu’à 8h30 elle est dans son lit et qu’ensuite elle peut tranquillement s’endormir.
On a décidé ensemble que 8h30 était une heure qui lui convenait, après avoir eu une discussion de qu’est-ce qu’elle aimait et comment elle se sentait le mieux.
Dans ce cas-là, le 8h30 peut être une façon de supporter ton enfant.
Je ne lui imposes pas nécessairement une heure parce que « les enfants doivent être couchés à 8h30 ». Mais plutôt un environnement qui correspond à son fonctionnement et à ses besoins.
Mais mon autre fille se couche jamais à la même heure. Même qu’elle ne s’endort jamais à 8:30.
Et c’est ici qu’on confond support et contrôle.
Ton enfant ne s’endort pas. Il est heureux. Mais toi, tu es fatiguée et tu veux avoir ta soirée. Tu veux que la maison soit tranquille et tu veux aller te coucher pas trop tard.
Alors, tu lui dis :
« Il est 8h30. C’est l’heure du dodo. »
Encore une fois, l’heure est la même. C’est du contrôle, parce que la décision répond principalement à ton besoin à toi.
Et je ne dis pas ça pour culpabiliser le parent.Parce que bien sûr que nous avons des besoins, qu’on est fatigué, qu’on a besoin de temps seuls.
Bien sûr qu’on a parfois juste envie que nos enfants aillent se coucher.
Moi aussi.
Le problème n’est pas d’avoir des besoins. C’est lorsqu’on utilise notre pouvoir de parent pour faire croire que notre besoin est nécessairement le besoin de l’enfant.
Prenons maintenant le dessert.
Ton enfant vient de terminer son morceau de gâteau et te demande s’il peut en prendre un deuxième. Pour beaucoup de parents, on va immédiatement décider pour lui : « Non, tu en as déjà eu assez. C’est beaucoup trop de sucre. »
Mais tu pourrais aussi prendre un moment pour revenir vers lui.
Chez nous, lorsque mes filles étaient plus petites, on avait un petit truc qui fonctionnait très bien pour éliminer la peur de « si je le mange pas tout de suite, je ne pourrai plus en manger ». Comme une fête avec du gâteau et qui est plus rare. On offre aux enfants, quand elles voulaient en reprendre:
« Est-ce que tu veux un 2e morceau tout de suite ou tu aimerais qu’on l’apporte pour demain? »
Dans cette situation, tu ne laisses pas nécessairement ton enfant manger du dessert sans aucune limite. Tu lui apprends plutôt à écouter ce qui se passe dans son propre corps. Tu lui donnes de l’information, lui offres des options et surtout, tu lui laisses une place dans la décision.
Le contrôle pourrait ressembler à :
« Non. Tu n’en prends pas un deuxième parce que c’est trop de sucre. »
Peut-être que ta peur est réelle : tu as peur qu’il mange trop de sucre.
Mais si tu prends la décision sans même vérifier avec ton enfant ce qu’il ressent, tu viens de remplacer son expérience par ta peur. Et c’est là que la différence devient du contrôle.
Un autre exemple : le parc.
Ton enfant est au parc et il regarde les autres enfants jouer. Mais il reste près de toi, il est gêné.
Tu pourrais lui dire :
« Est-ce que tu as envie d’aller jouer avec les autres? »
Le supporter pourrait ressembler à:
« Est-ce que tu aimerais attendre encore quelques minutes pour voir à quoi ils jouent? Comment tu aimerais que ça se passe? Est-ce que tu veux que je vienne avec toi? Est-ce que tu aimerais que je t’aide à aller leur parler? »
Peut-être qu’il veut y aller, mais qu’il ne sait pas comment entrer dans le jeu.
Peut-être qu’il aimerait que tu l’accompagnes.
Peut-être qu’il préfère simplement observer encore un peu.
Dans tous les cas, tu peux partir de ce qu’il vit lui.
Mais imagine maintenant que tu commences à avoir peur qu’il soit trop gêné, qu’il ne se fasse jamais d’amis, qu’il devienne antisocial.
Et tu lui dis :
« Ben voyons! Arrête de faire ton gêné et va jouer! On est venu parce que tu voulais jouer. Si tu n’y vas pas, on ne reviendra plus! »
C’est la peur qui prend le dessus et non l’intention de l’aider. Tu veux probablement qu’il profite du parc et qu’il développe ses habiletés sociales. Mais ça ne le supporte aucunement.
Tu es en train d’essayer de provoquer le résultat que tu veux.
On voit notre enfant vivre quelque chose et notre tête commence immédiatement à imaginer ce que ça pourrait vouloir dire.
« Est-ce qu’il va toujours être comme ça? »
« Est-ce qu’il va prendre du retard? »
« Est-ce qu’il va devenir…? »
Et avant même d’avoir demandé à notre enfant ce qu’il vit, on essaie déjà de régler le problème.
Et attention, supporter ne veut pas dire tout permettre
Supporter son enfant ne veut pas dire :
« Il peut faire tout ce qu’il veut. »
Ce n’est pas non plus :
« Je ne peux jamais lui dire non. »
Et ce n’est surtout pas :
« Je dois toujours suivre ses désirs. »
Supporter son enfant peut simplement vouloir dire que tu prends en considération qui il est, que tu regardes son fonctionnement, tu écoutes ce qu’il me montre, tu prends en compte ses besoins. Ensuite, tu décides comment tu peux l’accompagner.
Il peut y avoir des limites, des contraintes, des moments où tu dis non.
Par exemple, une de mes filles se couche à 8:30 et l’autre se couche lorsqu’elle est prête. Dans les 2 cas, je vais les border à 8:30 parce qu’elles veulent que je les borde et moi j’aime avoir un 30 minutes ou 1 heure de lecture seule avant de me coucher. Je prend en considération leurs besoin et les miens.
Une bonne question à se demander c’est si tu le fais pour lui ou pour toi (ou pour les 2). J’ajouterais aussi de valider avec ton enfant au lieu de prétendre de plus savoir que lui.
Parce que parfois, on appelle « soutenir » quelque chose qui est en réalité du contrôle.
« Je veux qu’il mange à cette heure-là parce que c’est important pour sa routine. » Mais est-ce vraiment sa routine ou est-ce que c’est ta routine préférée?
« Je veux qu’il termine son activité avant d’en commencer une autre. » Mais est-ce que ça l’aide ou est-ce que ça te rassure qu’il termine ce qu’il commence?
« Je veux qu’il dise bonjour à la famille. » Est-ce que ça l’aide à développer une relation ou est-ce que tu veux éviter que les autres pensent qu’il est impoli?
« Je veux qu’il partage ses jouets. » Est-ce que ça correspond à ses capacités et à ce qu’il ressent ou est-ce que tu veux que la situation soit plus confortable pour tout le monde?
Et le Human Design m’aide beaucoup avec ça.
Parce qu’il me donne une occasion de me poser une question que je trouve tellement importante :
« Est-ce que je suis en train de regarder mon enfant… ou de regarder ce que j’aimerais qu’il soit? »
Lorsque je comprends mieux comment mon enfant fonctionne, je peux commencer à voir certaines choses différemment.
Peut-être qu’il a besoin de plus de temps.
Peut-être qu’il a besoin de bouger.
Peut-être qu’il fonctionne avec beaucoup de constance.
Peut-être qu’il a besoin de variété.
Peut-être qu’il apprend en expérimentant.
Peut-être qu’il a besoin de prendre ses propres décisions.
Peut-être que certaines choses que je pensais devoir corriger sont simplement des choses que je peux apprendre à comprendre. C’est là que je trouve le Human Design tellement intéressant pour le parenting.
Une façon de mieux comprendre l’enfant qui est déjà devant moi.
La prochaine fois que tu demandes quelque chose à ton enfant…
Prends une petite seconde et te demander :« Est-ce que je fais ça pour lui… ou pour moi? »
Tu n’as pas besoin de tout changer. Tu peux simplement le remarquer. Je pense que c’est ça, aussi, être un parent conscient. C’est d’essayer de donner à notre enfant l’espace d’être lui-même, même lorsque ce qu’il est ne correspond pas exactement à ce qui nous conviendrait à nous.
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