« Il faut que les enfants apprennent que la vie, c’est pas toujours facile » — ce que le unschooling et le Human Design m’ont appris là-dessus
Il y a une phrase que j’entends souvent quand je parle de unschooling ou d’honorer le Human Design de mes filles. Une phrase qui vient souvent des gens que j’aime, qui vient même de moi avant. Elle ressemble à quelque chose comme :
« Oui mais dans la vie, on peut pas tout avoir facile. Il faut que les enfants apprennent ça. »
En tant que parents, faut apprendre aux enfants à se forcer.
Je comprends d’où ça vient. Je le disais moi-même. Mais aujourd’hui, ça me cherche vraiment — et je veux te dire pourquoi.
Ce que cette phrase sous-entend (sans le dire)
Quand un enfant ne veut pas aller à l’école le matin, qu’il marche à reculons, qu’il pleure, et qu’on me dit qu’il faut lui apprendre que la vie c’est pas toujours facile — ce que j’entends, c’est : son inconfort est une leçon. Ignore-le et continue.
Mais le inconfort d’un enfant qui vit à l’envers de son énergie, c’est pas une leçon. C’est un signal.
Le unschooling et le Human Design, c’est pas d’éliminer les défis. C’est de laisser les défis venir de l’intérieur de l’enfant — pas de les lui imposer de l’extérieur.
Charlie, ma grande, a appris à nager toute seule. Pas parce que je lui ai montré, pas parce que je lui ai dit vas-y, tu peux le faire. Elle a joué dans l’eau pendant tout un été. Elle n’a jamais sorti de l’eau frustrée. Elle n’a jamais dit qu’elle voulait arrêter. Parce que c’était elle qui menait. Le défi était réel — nager, ça prend de l’apprentissage. Mais il venait d’elle.
C’est ça la différence.
La motivation qui vient de l’intérieur, ça ressemble à quoi ?
Il y a un livre — Free to Learn — qui parle de l’école Sudbury aux États-Unis, une école où les enfants sont entièrement libres de faire ce qu’ils veulent. Des adultes sont disponibles pour répondre aux questions, pour guider. Mais pas de programme imposé, pas de structure rigide.
Ce qu’ils ont observé, c’est que les intérêts qu’un enfant avait jeune étaient souvent les mêmes à l’âge adulte. Un petit qui passait ses journées à l’ordinateur — ce qu’une école traditionnelle aurait limité et encadré — a fini par créer sa propre compagnie de programmation dans la vingtaine.
Pas parce qu’on l’a poussé. Parce qu’on l’a laissé aller là où son énergie le menait naturellement.
« Mais s’il ne finit pas son secondaire… »
C’est la peur que j’entends le plus souvent. Et je la comprends.
Moi-même, j’ai quitté mon bac en psycho. J’ai voyagé dans l’Ouest parce que je savais plus quoi faire. Et quand j’ai décidé de changer de direction, j’ai dû retourner faire des cours de chimie et de physique de secondaire le soir, ensuite le cégep, ensuite l’université.
J’ai jamais été démotivée. Jamais.
J’étais celle qui posait le plus de questions aux profs. Je performais bien. Je ne voyais pas ça comme un retard — je voyais ça comme ce que je voulais faire. Et quand ça vient de toi, t’as l’énergie pour aller jusqu’au bout.
Un enfant qui fait du unschooling et qui décide à 22 ans qu’il veut être ingénieur va aller chercher ce qu’il lui manque. Parce que c’est lui qui le veut. Ce n’est pas quelque chose qui le bloque — c’est quelque chose qu’il va choisir de traverser.
Le Human Design de tes enfants comme boussole
Ce qui a changé pour moi avec le Human Design, c’est que j’ai arrêté de deviner ce dont mes filles ont besoin — et j’ai commencé à l’observer.
Charlie est une 2/4 Projecteur. Elle a besoin de beaucoup de temps seule. Mais quand c’est des gens qu’elle aime vraiment, elle ne dit jamais non. Jamais elle me dit non maman, j’aime mieux rester quand on va voir ses cousins. Jamais.
Ça me donne une boussole. Quand je la vois passer plus de temps sur son iPad, je ne panique pas et je ne retire pas l’écran. Je vais la voir et je lui propose quelque chose. 95 % du temps, elle dit oui et elle trouve un intérêt qui l’allume. Parce que l’iPad, c’était souvent juste un réflexe de vide — exactement comme nous adultes qui scrollent Instagram quand on s’ennuie.
Les enfants ne sont pas différents de nous là-dedans. Ils ne sont pas moins capables de prendre des décisions. Ils ne sont pas moins motivés. Quand ils aiment quelque chose, ils y mettent une énergie que nous, adultes, on a souvent perdue.
Ce que ça veut pas dire
Ça veut pas dire dire oui à tout. Ça veut pas dire pas de limites.
L’autre jour, Charlie montait sur le bord des escaliers au chalet. Je lui ai dit Charlie, ça me fait peur. Tu veux bien débarquer ? Elle a débarqué. Pas parce qu’elle obéit par réflexe — parce qu’elle sait que quand je lui dis quelque chose, c’est vraiment pour elle. Parce qu’on a des conversations. Parce qu’elle a confiance.
Si j’avais passé mes journées à lui dire Charlie arrête, Charlie touche pas à ça, Charlie fais ci — elle n’aurait plus cette confiance-là. Et dans les escaliers, elle aurait résisté.
La différence entre un enfant qui écoute et un enfant qui collabore, c’est pas la discipline. C’est la relation.
Je suis loin d’être parfaite
Je veux être claire là-dessus.
Il y a deux semaines, j’étais vraiment impatiente. Je répondais sec à Charlie qui voulait juste m’aider. Le soir, je suis allée la voir et je lui ai dit je pense que j’ai pas eu la plus belle façon de te parler aujourd’hui. Je m’excuse. J’étais fatiguée. Elle m’a dit je sais maman.
Mes vieux réflexes reviennent. Le contrôle, l’impatience — ça ressort. Ce qui compte, c’est de le reconnaître et de rectifier le tir.
Ce que le unschooling et le Human Design m’ont appris, c’est pas d’être une mère parfaite. C’est d’être une mère consciente.
Ce que mes filles m’apprennent
Zoé a deux ans et demi. Quand elle est triste, elle vient me le dire. Maman, je suis triste. Je voulais mon bébé et Charlie me le donne pas.
Deux ans et demi.
Je ne m’attendais pas à ça. Je ne pensais pas que des enfants étaient capables de ce niveau de conscience sur elles-mêmes. Mais c’est ce qui se passe quand on les honore, quand on les écoute, quand on leur montre qu’elles ont le droit d’avoir des émotions et de les nommer.
Mes filles s’entraident. Elles se respectent. Elles ont une belle sagesse — pas une sagesse qui fait juste pas déranger, une sagesse qui vient de se connaître.
Puis ça, c’est quelque chose que le unschooling et le Human Design ont rendu possible pour nous.
Si la conversation entre parenting et Human Design t’intéresse, j’en parle régulièrement dans mon podcast et dans mes formations. Tu peux commencer par découvrir ton design — et celui de tes enfants — ici.
