Le unschooling adulte : apprendre à se faire confiance (avec le Human Design)

Le unschooling, c’est pas juste pour tes enfants — c’est pour toi aussi

Il y a une définition officielle du unschooling sur internet. Mais celle que Julie m’a donnée dans cet épisode de podcast, c’est celle qui m’a le plus touchée :

Unschooling adulte: Être guidé par soi. Pour apprendre, oui — mais aussi pour vivre.

Pour les enfants, ça veut dire un parent qui facilite plutôt que contrôle. Mais pour les adultes ? Ça veut dire défaire des années de règles apprises par peur. Des règles sur comment manger, comment apprendre, comment utiliser son temps, comment être un bon parent. Des règles qu’on n’a jamais vraiment choisies.

C’est ça, le unschooling pour adultes. Et le Human Design, c’est l’une des façons les plus concrètes que je connaisse pour commencer ce processus-là.


Les règles qu’on suit par peur, pas par choix

Julie a dit quelque chose dans notre conversation sur le podcast qui m’a vraiment frappée : la plupart des règles qu’on suit, on les suit pas parce qu’on les a choisies. On les suit parce qu’on a peur de ce qui arriverait si on les suivait pas.

La peur d’être un mauvais parent si on limite pas les écrans. La peur de perdre le contrôle si on se permet le dessert. La peur d’être irresponsable si on suit ses intérêts au lieu d’un plan de carrière prévisible.

Et ces peurs-là, on les a absorbées quelque part. À l’école. Dans notre famille. Dans la culture. Puis à force de les porter, on pense que c’est nos règles. Mais c’est pas nos règles. C’est les règles de la peur.

Moi, j’en avais un exemple parfait : le ménage du jeudi. Je me sentais coupable si je faisais pas le ménage le jeudi. Pas parce que le jeudi avait du sens pour moi — parce que c’est comme ça que j’avais appris qu’une personne organisée fonctionnait. Quand j’ai arrêté de faire ça et que j’ai commencé à faire le ménage quand j’en avais envie, j’avais l’impression d’être désorganisée. D’être mauvaise à quelque chose.

C’est ça que le unschooling défait. Pas les règles elles-mêmes — certaines règles ont du bon sens pour toi et c’est parfait. Mais le fait de les suivre par peur plutôt que par choix.


Ce que nos enfants apprennent de notre relation avec nous-mêmes

Voici quelque chose que j’ai réalisé en cheminant : j’essayais de m’écouter, moi. De suivre mon intuition, de me faire confiance. Mais en même temps, je forçais mes enfants à fonctionner à ma façon.

Il y avait quelque chose qui allait pas là-dedans.

Julie l’a vécu à l’inverse — elle a commencé par vouloir élever ses enfants différemment, avec amour inconditionnel, avec confiance. Et quelques années plus tard, sa thérapeute lui a dit : Julie, t’aimes tes enfants inconditionnellement. Toi, pas toi.

Dans les deux cas, le chemin finit par se rejoindre. Parce qu’on peut pas offrir à nos enfants ce qu’on n’a pas pour soi-même. Pas vraiment. Pas de façon durable.

Quand on se permet de s’écouter, on commence naturellement à permettre à nos enfants de s’écouter. Quand on s’autorise à avoir des émotions sans se punir, on a moins besoin de contrôler les émotions de nos enfants. Quand on guérit la partie en nous qui avait pas le droit de lever le ton, l’enfant qui lève le ton déclenche moins l’alarme.

C’est pas une coïncidence. C’est de la co-régulation.


La co-régulation : être le modèle avant d’être la règle

Julie a parlé d’un exemple simple mais puissant : un enfant qui casse un verre.

Si t’es en réaction — stressée, fâchée, dans le contrôle — tu peux pas aider ton enfant à s’autoréguler. Parce que t’es toi-même en train de vivre exactement ce que tu veux qu’il apprenne à gérer.

Mais si tu restes calme — pas parfaite, juste régulée — là tu crées quelque chose de différent. Tu deviens une base sécure. Et l’enfant apprend pas parce que tu lui as expliqué quoi faire. Il apprend parce qu’il t’a vu le faire.

C’est ça la co-régulation. C’est être le modèle avant d’être la règle.

Et pour être ce modèle-là, ça demande de travailler sur soi. De revisiter ses propres réactions. De se demander : est-ce que je suis en train de répondre à mon enfant, ou je suis en train de répondre à ma propre peur ?


La période d’exploration — pourquoi elle fait peur et pourquoi elle est nécessaire

Que ce soit avec la nourriture, les écrans ou les apprentissages, il y a une étape que presque tout le monde vit quand on enlève le contrôle : la période d’exploration. Celle où on se dit je peux pas me faire confiance, regarde ce qui arrive quand j’enlève les règles.

L’enfant mange trop de bonbons. L’adulte passe une semaine à doomscroller. On se dit que ça prouve qu’on avait raison d’avoir des limites.

Mais c’est pas ce que ça prouve.

Ça prouve que quand il y a de l’urgence — quand le temps est limité, quand c’est interdit — on est dans la réaction, pas dans l’écoute. Enlève l’urgence, et l’écoute revient. Ça prend du temps. La fille de Julie, quand elle mangeait beaucoup de sucre, elle a fini par lui dire un jour : maman, moi j’ai pas de Sugar high, j’ai un Sugar crash. Elle avait appris ça par elle-même, parce qu’elle était connectée à son corps. Pas parce qu’on lui avait dit que le sucre c’est mauvais.

C’est là qu’on veut être. Pas dans le jugement. Dans la connexion.


Être son propre parent — la vraie définition

Il y a une confusion courante avec cette idée d’être son propre parent. Beaucoup de personnes pensent que ça veut dire être la voix responsable dans sa tête. Celle qui dit essuie-toi les yeux, t’habille et vas travailler.

C’est pas ça.

Être son propre parent, c’est être le parent sécure. Celui qui dit oh, c’est vrai que c’est triste ça. De quoi t’as besoin là, maintenant ? Celui qui reste dans la douceur au lieu de pousser dans la rigidité.

La critique interne existe chez beaucoup d’adultes, même ceux qui ont eu des parents empathiques. Parce qu’elle est aussi liée au système nerveux. Quand on est en mode survie — et beaucoup d’entre nous y sont sans s’en rendre compte — la critique interne devient un mécanisme de protection. Elle nous empêche de faire les choses qui nous font peur.

La voix qu’on veut développer, c’est celle qui nous fait du bien. Pas celle qui nous fait sentir qu’on n’est pas correct.


Le unschooling à l’âge adulte, concrètement

Benjamin, le fils de Julie, a commencé à programmer à 9 ans sur Roblox. Personne lui avait dit que c’était une bonne idée. Personne avait limité son temps d’écran à 30 minutes. Il tripait. Il a suivi ça. À 28 ans, il est programmeur.

C’est ça, l’intérieur qui guide vers l’extérieur.

Pour nous, adultes, ça ressemble à quoi ? Peut-être à remarquer ce qui nous allume vraiment — pas ce qui serait raisonnable, pas ce qui ferait une bonne business — juste ce qui crée de l’enthousiasme. Et de commencer à créer de l’espace pour ça.

Pour Julie, c’est les textures, les couleurs, les tissus. Elle a pris un cours de poterie, un cours de broderie. Pas parce que ça allait devenir une carrière. Parce que ça l’appelait.

Pour moi, c’est le Human Design. C’est comprendre ma façon naturelle de fonctionner — en tant que Manifesteur-Générateur 3/5 — et arrêter de me battre contre elle.

Le Human Design, c’est un des outils les plus concrets que je connaisse pour faire ce travail de retour à soi. Pas juste connaître ton type. Comprendre comment toi tu fonctionnes, comment tu prends tes meilleures décisions, et commencer à te faire confiance là-dedans.


Par où commencer si t’es dure envers toi-même

Julie a terminé avec quelque chose de simple et de solide : va lire sur l’attachement sécure. Pas pour juger tes parents. Pour comprendre c’est quoi un parent sécure — et commencer à t’offrir ça à toi-même.

C’est un premier pas. Un ancrage dans quelque chose de concret, pas juste une idée abstraite. Et de là, tu peux commencer à revisiter tes règles une par une. Pas pour tout enlever d’un coup — pour voir lesquelles viennent vraiment de toi, et lesquelles viennent de la peur.

Jamais trop tard. Ça prend du temps. Mais ça commence maintenant, avec ce que t’as.


Si tu veux commencer à te comprendre avec le Human Design — pas juste ton type, mais vraiment comment tu fonctionnes — c’est par ici.

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